Vers la mise en place d'une liaison entre le Lycée et l'Université


Consulter
le dossier de presse 2004 concernant le Plan National pour la Diffusion de la Culture Scientifique et Technique


La désaffection des bacheliers S - et à plus forte raison de l'ensemble des lycéens dès la Seconde - pour les études scientifiques doit être une préoccupation actuelle.
C'est un réel sujet de préoccupation qui touche tous les pays occidentaux ; notre pays et notre académie n'échappent pas à la règle. Ce phénomène n'a pas seulement d'impact sur l'enseignement supérieur, il a aussi des conséquences sur la société et l'économie.

A l'horizon 2010, les prévisions du Commissariat général au plan (dans le rapport Avenir des métiers) mettent en lumière un besoin important de diplômés dans le domaine scientifique. C'est pourquoi il faut enrayer la baisse inquiétante du nombre d'étudiants dans ces filières.
En effet, dans les prochaines années, la structure démographique de la France va profondément se modifier alors même que l'environnement socio-économique évolue rapidement. Entre 2005 et 2010, 650 000 personnes par an en moyenne partiront à la retraite. Cela aura des conséquences sur les besoins de recrutement que connaîtront certains métiers comme l'enseignement (près de 400 000 postes à pourvoir) et la santé (plus de 440 000 postes). En même temps, les métiers de la recherche (230 000 postes) ou de l'informatique (260 000 postes) verront leurs besoins en scientifiques augmenter en raison de leur dynamique propre de développement.
Par ailleurs, l'ouverture de l'espace européen et la mondialisation aboutiront, dans le secteur de la recherche et du développement, à des situations de forte concurrence entre les pays, mais aussi à des transferts de diplômés dans les zones les plus attractives. Comme le dit Maurice Porchet, "La Science est au coeur de cette bataille de l'intelligence et bientôt la force d'une nation ou d'une région se mesurera en nombre d'innovateurs, de chercheurs et de brevets déposés."

Qu'en est-il dans l'académie d'Orléans-Tours ?

Un tassement des orientations vers les filières scientifiques après le baccalauréat
En fin de Seconde générale et technologique, les décisions d'orientation vers les Premières S et STI (premières scientifiques) sont plus fréquentes dans l'académie qu'au niveau national : 36 % contre 34 %.
Bien que le taux de décisions d'orientation vers la 1ère S soit supérieur à celui de la France (30,3 % dans l'académie contre 27 % en France), notre académie n'échappe pas à la baisse des vocations scientifiques. Un bachelier scientifique sur deux, seulement, poursuit ses études dans le domaines scientifiques à l'Université (hors IUT).
Actuellement dans l'académie, 6 jeunes sur 10 obtiennent le bac, mais moins d'un jeune sur 3 obtient le bac général.
Seul le bac S affiche une proportion supérieure au niveau national : 16,7 % contre 16,3 % en France métropolitaine rapporté à l'ensemble des baccalauréats généraux, technologiques et professionnels. Cette forte proportion d'orientation vers la filière S peut être attribuée aux actions de formation des différents acteurs menées depuis de nombreuses années.

Orientation, flux d'élèves dans les filières scientifiques : consulter le rapport, ou voir une présentation à l'échelle académique.

Télécharger le rapport Charvet.

Le paradoxe de l'orientation vers la filière S
Pourtant le choix, par l'élève, de la 1ère S n'est pas synonyme de choix des sciences. En termes de construction des choix d'orientation, cette situation apparaît comme paradoxale.
En effet, la filière scientifique est très demandée parce qu'elle fait figure, dans l'opinion publique, de voie d'excellence. Elle offre un large éventail de choix d'études pour des élèves qui n'ont pas obligatoirement un goût particulier pour les matières scientifiques. C'est ce qui explique cette "fuite" des bacheliers scientifiques après le baccalauréat.
Ainsi, en France, plus de 28 % des bacheliers S font toute autre chose que des sciences (d'après le rapport Porchet).
D'une façon générale, ce sont les sciences dites "dures" (Physique et Mathématiques) qui sont les plus touchées. Cette désaffection concerne filles et garçons mais les jeunes filles qui se sous-évaluent systématiquement en Mathématiques demeurent minoritaires dans les filières scientifiques et techniques.
Il faut se battre contre le discours trop souvent entendu, mais faux, martelant que les études scientifiques sont longues et difficiles, que la charge de travail est lourde et qu'il faut être excellent dans toutes les matières pour réussir (sondage SOFRES 2001).

Des bacheliers scientifiques qui ne poursuivent pas leurs études en sciences
En 2003, dans l'académie, 67 % des bacheliers scientifiques poursuivent vers une filière scientifique. Ainsi, sur 87,9 % de poursuite globale, plus d'un bachelier scientifique sur 5 s'oriente vers une filière non scientifique (en particulier vers la filière économie) et cette proportion atteint 25 % chez les bacheliers S.
40 % des bacheliers scientifiques optent pour une filière courte (STS production, IUT production et informatique)
23 % pour un DEUG sciences
19 % pour une CPGE scientifique
18 % pour la filière santé à l'Université
Les bachelières s'orientent plus souvent que les bacheliers vers les STS production et la filière santé

Une orientation encore très sexuée
Les jeunes filles, au moment crucial, évitent les orientations vers les filières scientifiques. A l'issue de la Seconde générale et technologique, en 2003, dans l'académie d'Orléans-Tours, 27,1 % des filles demandent la 1ère S alors que 40,3 % des garçons font ce voeu.
Les jeunes filles ne représentent que 46,8 % des bacheliers scientifiques. Pourtant, elles réussissent mieux que les garçons : leur taux de réussite au bac S est de 87,3 %, alors que celui des garçons est de 81 %.
En STI, les filles réussissent également mieux que les garçons, 82,1 % contre 73,1 %.
A l'Université, où elles sont majoritaires, les filles prédominent dans les filières littéraires et tertiaires. Elles constituent

Les garçons restent majoritaires dans les filières scientifiques et industrielles, notamment en IUT et en écoles d'ingénieurs.

Le déficit d'image des métiers scientifiques
Pour essayer d'analyser les causes de cette situation qui risque de conduire à une véritable pénurie de scientifiques d'ici 10 à 15 ans, plusieurs enquêtes ont été menées auprès des jeunes.
Elles mettent en lumière les raisons suivantes :

Des solutions
La formation des jeunes au monde scientifique et technologique actuel et futur passe par une meilleure représentation des objectifs des enseignements proposés que l'on peut scinder en trois catégories :

De nouvelles pratiques d'enseignement des sciences et de la technologie sont donc à encourager. La voie est ouverte aux équipes qui ont la possibilité de faire preuve d'initiative et d'inventivité dans la mise en place de projets.

Des actions

L'explosion des connaissances scientifiques nécessite un effort de formation continue auprès des professeurs.
Comment attirer les bacheliers S vers des études scientifiques à l'Université ? Une école de journalisme ou un BTS d'opticien-lunetier indiquent sans équivoque les métiers auxquels ils préparent. Les études de Mathématiques ou de Physique ne sont pas automatiquement associées à des métiers. Il faut donc informer sur les multiples débouchés auxquels elles conduisent.

Le rapprochement entre le Secondaire et le Supérieur
Chaque lycée aura à mettre en place un partenariat avec une unité d'enseignement du supérieur ou de la recherche. Ce partenariat débouchera sur des conférences, des visites de sites industriels ou de laboratoires afin que les scientifiques puissent apporter aux élèves des informations sur les métiers qu'ils exercent et sur lesquels débouchent les études.
L'objectif est d'arriver à ce que les élèves perçoivent les informations, les métiers et les technologies liées aux différents domaines scientifiques.

L'innovation dans les pratiques pédagogiques
A l'Université
La récente mise en place du LMD (Licence, Master, Doctorat) dans le cadre de l'espace européen de l'enseignement supérieur, installe les étudiants, au coeur du dispositif. Ils ont désormais la possibilité de construire leur parcours de formation en fonction de leur projet professionnel et personnel. Cette démarche signifie pour eux un véritable investissement dans leurs études en vue d'une insertion qui se construit au fil du cursus. Ils seront aidés par une équipe référente et les services compétents. C'est aussi l'occasion d'une plus grande mobilité dans les études et les stages.
Le plus souvent possible, les enseignements proposés aux néo-bacheliers inscrits en premier semestre de licence sont des cours-TD et des cours-TP : la transition entre la fin de la terminale et le premier semestre de licence est ainsi facilitée. Cela laisse plus de temps à l'étudiant pour s'adapter au rythme de travail d'une formation universitaire. Une politique de réduction de l'échec a été menée, avec une large place consacrée au contrôle continu et des notes compensatoires entre les matières.
Ces innovations, souvent centrées sur les concepts de métiers et de pluridisciplinarité des connaissances, constituent un atout supplémentaire pour l'insertion des étudiants. Ainsi, l'offre d'une formation est plus lisible en termes de débouchés et de compétences acquises. Plus lisible, donc plus attractive.

Au collège et au lycée
Les élèves ne perçoivent pas toujours les enseignements scientifiques qu'ils reçoivent comme une globalité. Il est vrai que le découpage des programmes disciplinaires pousse à la parcellisation des savoirs. Parallèlement, les questions scientifiques et les technologies sont fondamentalement interdisciplinaires : environnement, énergie, nanotechnologies, santé, technologies de l'information et de la communication... Il apparaît donc de plus en plus nécessaire d'offrir aux élèves un enseignement scientifique ouvert qui réponde aux besoins d'une véritable culture scientifique et technique.

 

Poursuite des discussions :

 

Propositions d'actions